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Institut des Oblates du Coeur de Jésus

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"Avec beaucoup d'émotion"

50 ans d'Oblation de soeur Michèle David

Père, chers amis,
C’est avec beaucoup d’émotion que je vous remercie d’être venus célébrer avec moi mes 50 ans de vie religieuse.

Père Herbach, merci d’être présent, en ce jour, vous êtes notre pasteur, et, toujours fidèle à partager les joies et les peines de notre Institut. Je remercie aussi tous ceux qui n’ont pu venir, famille et amis, mais qui m’ont manifesté leur affection.


50 ans ! J’ai du mal à le réaliser. Il y a plus longtemps que ces 50 ans, je fus accueillie dans un des établissements de l’Institut. Je n’avais pas reçu d’éducation religieuse mais tout ce qui se passait autour de moi m’intriguait, et, sur les conseils de sœur Marie-Rose Pageaud, j’ai alors intégré le Mouvement Eucharistique des Jeunes (le MEJ). J’avais le désir de connaitre la religion chrétienne, d’aller vers les autres.
L’Institut m’a permis de reprendre mes études secondaires et alors que je pensais avoir une vie familiale, celle vers laquelle s’orientaient mes amies, s’est fait jour en moi un appel qui m’interrogeait et dont je me jugeais indigne jusqu’à ce qu’une religieuse me dise « les religieuses sont comme les autres femmes, si ce n’est pire ».
Ce qui m’a convaincue de répondre « OUI », c’est la volonté de notre fondatrice, Louise-Thérèse, de réunir des femmes chrétiennes par l’Oblation au Cœur de Jésus, des femmes restant dans leur milieu de vie, pour les pénétrer des valeurs évangéliques, être au cœur du monde témoins de l’amour de Dieu et allant partout où la gloire de Dieu les appelle, humblement mêlées a la vie des hommes.
« Etre au cœur du monde ». Dès le juniorat et la formation de moniteur-éducateur en poche, et alors que j’avais le choix entre Marseille et Montluçon, j’ai choisi Montluçon et l’Etablissement d’enfants qui s’est appelé « les Tourelles » où Sœur Marguerite-Marie réorganisait tout et ou nous allions partager la vie d’enfants et d’adolescents en difficulté.
Puis, pour être plus proche des familles et de leurs réalités quotidiennes, ce fut la formation de Travailleuses familiale, à Paris, l’embauche par l’Association d’Aide aux mères et le travail au domicile des familles en grande détresse sociale jusqu’à ce que je prenne ma retraite.
Voici comment j’ai réalisé ma mission, fidèle, je l’espère aux principes de Louise-Thérèse. Ma place a toujours été et sera toujours aux cotes des plus pauvres, aux cotes des blesses de la vie, comme disait notre Saint Pape Jean-Paul II. Vous avez bien compris que ma vocation n’était pas contemplative, et j’aime cette phrase de Guy Gilbert « le peuple n’entendra de la paroisse que le bruit des cloches si ceux et celles qui s’y rassemblent, la messe finie, n’ont rien a lui dire, ni a lui montrer ».
Aujourd’hui, au plus profond de mon cœur, je pense particulièrement à Monsieur Chapou, mon parrain qui a tenu avec sérieux et affection son rôle jusqu’au bout, à Mère Marguerite-Marie de Laronde, à Sœur Marie-Rose Pageaud qui m’ont aidée et soutenue a la fois sur mon chemin de discernement mais aussi dans ma vie quotidienne car la vie fraternelle n’est pas un long fleuve tranquille. Je ne peux oublier Sœur Jeanine, partie récemment vers le Seigneur, et avec qui j’ai partagé de très belles années à l’Aumônerie du 8 rue de la Fontaine, à une époque où nous vivions portes grandes ouvertes, au milieu des jeunes qui n’hésitaient pas à venir prier les vêpres avec nous.
Je remercie l’Institut de m’avoir permis de vivre cette vie au cœur du social, au plus près de la vie de la Cité. Sœur Julia, notre Supérieure générale, connait mon soucis et ma volonté de vouloir rester toujours auprès de ceux qui ont besoin d’aide et qui m’aident a vivre en union avec le Christ et fidèle à sa Parole. Alors, je continue.
Pour conclure, en me rappelant cette phrase de notre Pape François qui dit que le vrai pouvoir, c’est le service et qu’on ne peut être chrétien à temps partiel, je serais téméraire de vous donner rendez-vous ici, sur terre, dans cinquante ans, mais auprès du Christ, je l’espère.

                                                                          Michèle